Depuis quelques années, le cuir dit végan est très tendance. Et c’est bien normal : de plus en plus de personnes veulent modifier leur comportement de consommateur pour réduire leur consommation du nombre de produits d’origine animale, tout en réduisant leur impact carbone. Cependant, chez Max Vincent, nous avons fait le choix de ne pas utiliser de cuir de synthèse pour nos sandales. Dans cet article, nous voudrions vous expliquer cette démarche, et en quoi elle nous semble cohérente avec notre envie de proposer des produits avec un bilan environnemental maîtrisé.
Le cuir végan, ou simili-cuir : une gamme de matériaux très dépendant des hydrocarbures
Nous avons pleinement conscience que la production de cuir animal est, par essence, polluante : comme tout produit reposant sur l’élevage, il implique une activité agricole, l’utilisation d’eau, du transport… 70% du carbone émis par le cuir animal l’est par ailleurs au moment de l’élevage des animaux, le reste provenant essentiellement du tannage des peaux. Et nous savons évidemment que des cuirs artificiels de bonne qualité sont produits depuis les années 60, comme en témoigne cette publicité venue tout droit de la Hongrie soviétique faisant la promotion de chaussures en simil-cuir en 1967 !

Cependant, à l’heure où nous écrivons ces lignes, les cuirs dits végans utilisables par l’industrie de la chaussure présentent tous un même inconvénient majeur : ils sont encore extrêmement dépendants des produits pétroliers et de l’industrie des hydrocarbures. Pour donner un aspect naturel, résistant et souple au cuir artificiel, tous les procédés actuellement disponibles utilisent des phtalates, des produits chimiques posant de nombreux problèmes écologiques et sanitaires… Et dont la France s’est par ailleurs engagée à diminuer grandement la présence dans les produits du quotidien.
Les produits en simili-cuir ont pour le moment un impact paradoxal : leur production requiert moins de CO, maiss leur impact écologique à long terme (déchets non-biodégradables, microplastiques dans l’eau et dans les sols et les océans, rejets industriels…) est très important. Nous avons donc fait le choix de ne pas les utiliser pour nos produits pour le moment. Nous avons conscience que pour certains de nos clients, cependant, les produits d’origine animale proposent des soucis éthiques, et nous comprenons parfaitement que certains d’entre eux fassent le choix de marque utilisant ces produits synthétiques !
À l'inverse, nous faisons le choix de ne pas non plus utiliser l'appellation "cuir véritable", qui est malheureusement devenue avec le temps un fourre-tout ne garantissant pas vraiment la qualité du produit... Ni même que le produit soit intégralement composé de cuir !

Des solutions pour le futur ?
Et à l’avenir ? C’est une bonne question ! Depuis quelques années, des solutions alternatives au cuir de synthèse à base de produits pétroliers sont en développement. Des produits à base de fibres végétales (comme le piñatex), de champignons (mycomatériaux) ou encore de cellulose bactérienne existent et donnent des résultats prometteurs. Mais ils s’avèrent pour le moment soit extrêmement coûteux, soit de trop faible qualité pour remplacer complètement le cuir utilisé par Max Vincent. Et notamment les cuirs fantaisie utilisés dans nos modèles dorés ou colorés, issus de chutes proposées par notre partenaire Cuirtex.
Ainsi, beaucoup de procédés de fabrication utilisés par ces alternatives nécessitent encore des quantités industrielles d'eau et d'énergie ainsi qu'un recours très important aux colles et à des polymères chimiques pour arriver au résultat souhaité... Qui est souvent davantage pensé pour la maroquinerie que pour les cuirs de chaussures. Difficile de trouver des cuirs de synthèses à la fois résistants, souples et capables de s'adapter à la forme du pied. Ce qui peut très bien fonctionner pour un sac à main peut s'avérer inadapté à une tige de sandale !

Or, nous devons nous-même naviguer entre plusieurs impératifs : respecter notre label Origine France Garantie, proposer des produits beaux, solides et durables, et garantir une gamme de prix raisonnable. Pour le moment, les alternatives végétaliennes ne nous permettent pas encore de nous passer de cuir traditionnel. Est-ce que cela sera toujours le cas dans cinq ou dix ans ? Difficile à dire, mais nous restons à l’affût de toutes les innovations du secteur !
Comment nous tentons de réduire notre impact carbone ?
Aucun produit manufacturé, même artisanal, ne peut garantir une production totalement neutre du point de vue écologique. Dire le contraire serait du greenwashing ! Cependant, nous pouvons tenter de faire un maximum pour diminuer l’impact de notre production.
Nous pensons ainsi que la sandale qui pollue le moins est avant tout… Celle qu’on ne jette pas ! C’est une des raisons majeures pour lesquelles nous misons sur des matériaux durables et une fabrication solide pour que chaque paire de chaussures puisse vous accompagner au moins dix ans. Ce blog vous proposera par ailleurs à l’avenir des conseils d’entretien pour les sandales Max Vincent, pour en prolonger au maximum la durée de vie !

Nous cherchons aussi à limiter au maximum les coûts écologiques liés au transport et à la fabrication. Comme nous vous l’expliquions ici, la quasi-intégralité des matières premières utilisées par Max Vincent provient de France ou, quand ce n’est pas possible, de pays limitrophes. C’est ce qui nous garantit aussi que tous les matériaux présents dans nos chaussures respectent le cahier des charges de l’Union européenne, que ce soit au niveau des normes d’élevage ou de l’utilisation des produits de tannage.
Nous ne prétendrons jamais que nos produits n’ont pas d’impact, car cela serait vous mentir. Mais nous faisons de notre mieux pour faire honneur au label Origine France Garantie qui fait notre fierté et tenter de vous proposer les produits les moins polluants possibles !

