Dans un précédent billet de blog, nous vous avons présenté les différents types de sandales, dont le célèbre modèle dit “spartiate” qui demeure un des plus à la mode. Ce mois-ci, nous aimerions vous parler un peu plus en détail de l’Histoire de ce modèle, qui remonte à bien avant la fondation de la ville de Sparte. Ce n'est d'ailleurs pas en Grèce que commence notre voyage, mais de l’autre côté de la Méditerranée !
La spartiate, une sandale… Égyptienne.
Les spartiates sont des sandales au design général plutôt sobre, avec une première de montage plate et des lanières de cuir remontant jusqu’à la cheville, voire plus haut. Dans l’imaginaire populaire, ce design renvoie aux farouches hoplites spartiates qui, en réalité, portaient vraisemblablement des modèles beaucoup plus simples… Voire rien du tout ! En l’état actuel de nos connaissances, nous savons que certains spartiates aisés portaient effectivement des sandales au combat et dans les affaires courantes du quotidien, mais dans la Sparte classique, la norme était plutôt d’aller pieds nus. Les représentations modernes (au cinéma notamment) ayant plutôt eu tendance à chausser les spartiates de sandales élaborées. Pas de soldats à pied nus dans le 300 de Zack Snyder, donc ! Et encore moins dans La Bataille des Thermopyles, un film de 1962 ou l'on peut voir un magnifique Richard Egan incarner Léonidas dans ce qui s'apparente à un costume greco-romain du plus bel effet, chaussé de superbes sandales de randonnée parfaitement anachroniques.

En revanche, on trouve des traces de ces sandales montantes dans l’Égypte antique, un millénaire avant l’époque de la Grèce Antique. Nous disposons de plusieurs représentations de pharaons de la XVIIIᵉ dynastie (v. 1550 - 1292 av. J.-C) avec des sandales évoquant l’aspect des spartiates. On suppose par exemple qu’Akhenaton et Néfertiti portaient ce type de chaussures en tenue d’apparat. Des sandales d’aspect similaire seront également portées par les romains, mais rarement avec des modèles aussi montant que ceux qui sont portés aujourd’hui. En particulier dans le cas des militaires, qui pratiquaient souvent le “monosandalisme” consistant à ne porter une sandale basse que sur le pied le plus exposé aux coups, et donc le plus susceptible d’être blessé.
La spartiate, un symbole du néoclassicisme
C’est en réalité l’art néoclassique à partie du XVIIIᵉ siècle qui va imaginer des représentations de sandales plus montantes, aux multiples ornements, et habiller les statues de marbre de modèles qui se rapprochent un peu des spartiates telles qu’on les connait. On s’habitue aux sandales ailées, aux lanières de cuir montant jusqu’en haut des mollets, voire des cuisses, et aux brides tressées de manière complexe. Des chaussures qui, dans la statuaire grecque, étaient plutôt réservées aux dieux ! On admirera par exemple les ailes des sandales de cet Hermès Assis, conservé au musée archéologique national de Naples.

C’est plutôt à partir de ces interprétations néoclassiques que les artisans du début du XXᵉ siècle vont concevoir ce qui va devenir la spartiate. Un modèle alliant à la fois l’esthétique d’un modèle plus montant qu’une simple tong, mais plus austère qu’une mule, alors perçue comme une sandale ostentatoire portée par les courtisanes. Cependant, il semble que les premières spartiates n’étaient pas conçues pour leur côté esthétique, mais plutôt comme des chaussures de travail à destination des pêcheurs.
Un modèle très à la mode au XXIᵉ siècle
Les premiers modèles de spartiates conçus pour l’agrément davantage que pour le travail et signées par des artisans comme Rondini ou Keklikian apparaissent dans le courant des années 1930. Mais elles auront le plus grand mal à s’imposer face à un modèle de sandale plus populaire et prisé des vedettes du cinéma et du cabaret : les tropéziennes. C'est d'ailleurs ce même Rondini qui connaîtra le succès avec ce nouveau design en s'inscrivant sur un segment haut de gamme, tandis que KJacques en fera même un modèle de grand luxe porté par la jet-set.
À la fin des années 2000, cependant, les spartiates commencent doucement à s’imposer, elles aussi, quand le milieu de la mode commence à les décliner à toutes les sauces et à proposer des designs à la fois travaillés, complexes et parfois audacieux. Portées par des mannequins comme Kate Moss et mise en avant par des créatrices de mode comme Chemena Kamali, elles deviennent des indispensables des podiums et s’affirment de plus en plus comme un accessoire de mode indispensable.

Et si nos propres modèles ne remontent pas jusqu’au-dessus du genou comme on peut parfois le voir dans certains défilés de mode, les spartiates sont également devenues une marque de fabrique de notre catalogue, avec des modèles à la fois élégants, raffinés et confortable comme les modèles Osiris ou Macao qui vous feront, donc, davantage ressembler à Néfertiti qu’à Léonidas !

