Autopsie d’une sandale

Le Journal
Autopsie d'une sandale en cuir Max Vincent

Psst, avez-vous déjà regardé en détail une sandale Max Vincent ? Derrière la semelle et les brides, se cache une foule de manipulations que vous ne vous imaginez pas !

Psst, avez-vous déjà regardé en détail une sandale Max Vincent ? Derrière la semelle et les brides, se cache une foule de manipulations que vous ne vous imaginez pas !

Testez vos connaissances en sandales !

Avant de vous lancer dans la lecture de cet article, êtes-vous tenté par quelques devinettes, histoire de mesurer à quel point une sandale peut vous surprendre ?

Quand on vous dit « Première de montage », ça vous évoque…

  • Un prototype de sandale
  • La partie de la sandale sur laquelle repose le pied
  • Le premier niveau de réglage de la boucle d’une sandale

Comment sont découpés les morceaux d’une sandale ?

  • À l’emporte-pièce
  • Au laser
  • Aux ciseaux

Combien d’étapes y a-t-il dans le processus de fabrication d’une sandale Max Vincent ?

  • Une dizaine
  • Une trentaine
  • Une quarantaine

Les réponses arrivent dans un instant, à moins que vous ne soyez pressé. Dans ce cas, reportez-vous aux solutions tout en bas !

Petit tour complet pour s’échauffer

Pour débuter, rien de mieux qu’une belle illustration légendée afin de décortiquer les éléments qui composent une sandale…

Anatomie d'une sandale Tropézienne chic Max Vincent

Tous ces bouts pris séparément auraient bien du mal à chausser convenablement votre pied s’il n’y avait l’ingrédient final indispensable à la recette : le savoir-faire d’un sandalier… français, s’il vous plaît !

Autopsie du dessus

Pour confectionner votre paire de sandales Max Vincent préférée, Christian et Lisa commencent par préparer un à un les morceaux qui serviront à construire le modèle, à commencer par le dessus.

S’il s’agit de tropéziennes, de spartiates ou de mules, le nombre et la forme des lanières seront différents.

Dans notre exemple, la Tropézienne chic, il faudra 5 lanières, 1 bride de réglage qui passera à l’arrière du talon et 1 bride centrale qui décorera le dessus du pied et jouera le rôle d’entre-doigts. L’ensemble de cette partie supérieure s’appelle la « tige ».

Sa découpe se fait avec des emporte-pièces. Un peu comme quand on confectionne des biscuits en pâtisserie ! Sauf que pour le cuir, à l’inverse d’une pâte à biscuits, pas question d’exercer une simple pression avec la main. On utilise une presse hydraulique.

Pour chaque morceau et pour chaque pointure, on choisit un emporte-pièce précis. La découpe doit se faire pièce par pièce, et c’est vraiment tout un art ! Le sandalier observe le cuir pour décider comment positionner l’emporte-pièce. Car le cuir a un sens à respecter pour garder sa tenue le plus longtemps possible. Et il faut savoir jongler entre les petites imperfections lors de la phase de découpe.

On travaille toujours à la paire : la découpe se fait dans une même peau pour éviter les écarts de coloris ou de motif.

Toutes ces spécificités font de chaque paire une paire unique.

Pour des tropéziennes, les lanières sont tressées entre elles pour assembler la tige. Lorsque le modèle le requiert, une boucle peut être posée et des trous percés pour le réglage de la bride.

Si vous êtes attentif, vous remarquerez que certains modèles Max Vincent ont des tiges piquées, comme pour les sandales Maude ou Dune. Ces coutures décoratives sont effectuées avant la phase de montage de la sandale.

Sur notre Tropézienne chic illustrée plus haut, la piqûre se trouve non pas sur la tige, mais sur la première de montage. Les connaisseurs reconnaîtront le point sellier, une technique de couture solide très prisée en maroquinerie. Les piqûres participent au look chic de ces modèles !

Autopsie du dessous

C’est maintenant au tour des éléments du dessous d’entrer en scène. La première de montage est la pièce où va reposer votre pied. C’est là qu’est apposée la griffe Max Vincent.

Toujours en cuir, son tannage est 100 % végétal. Chez nous, vos pieds sont entre de bonnes mains : pas de risque de réactions allergiques ! Et les quelques millimètres d’épaisseur vont permettre l’absorption de la transpiration.

Comme pour la tige, la première est découpée à l’emporte-pièce à la pointure voulue, du 34 au 43 pour les femmes et du 38 au 48 pour les hommes.

La semelle est quant à elle découpée, toujours à l’emporte-pièce, dans une plaque en caoutchouc. Elle mesure 8 mm d’épaisseur pour les modèles hommes et 6 mm pour les femmes. Son matériau apporte tout l’amorti désiré tout en étant antidérapant.

Quant au petit dernier, le talon, il est également en caoutchouc. Son épaisseur standard est de 10 mm, avec la possibilité en option d’ajouter une talonnette pour obtenir une hauteur de 20 mm.

Vue d’ensemble

Ça y est, tous ces morceaux de sandale sont fins prêts à être montés !

La réunion entre les trois strates qui se trouvent sous le pied, à savoir la première de montage, la semelle et le talon, est assurée par de la colle.

Mais pas de précipitation ! Avant l’encollage, il faut pratiquer des trous dans la première de montage dans lesquels seront glissées les lanières. C’est le travail de la grignoteuse.

Viennent ensuite le ponçage préparatoire à l’encollage, le pré-encollage du cuir, puis le montage collé des lanières. Celui-ci est effectué à la main, à l’aide d’une pince spéciale, sur une forme représentant le volume du pied. Ensuite, la semelle et son talon seront collés à la première de montage : on parle d’« affichage ».

Le sandalier passe alors au fraisage pour égaliser les bords, puis à de multiples autres finitions, toutes réalisées dans notre atelier français à Romans-sur-Isère, la Capitale de la chaussure, dans la Drôme… En tout, plus d’une quarantaine d’opérations sont nécessaires pour produire une sandale Max Vincent avant sa mise en boîte ! Des étapes certes « invisibles », mais qui font toute sa qualité.

Les réponses au quiz

A = 2, B = 1, C = 3 : vous avez tout juste ! Il n’y a plus qu’à profiter de vos sandales Max Vincent, que vous apprécierez maintenant d’un œil plus affûté !